Présentation

Ecoutez, plaideurs en herbe, les conseils de Mounir Mahjoubi, ancien lauréat du concours! 

"L'esprit du concours : éloquence, rigueur juridique et humour. L'éloquence, c'est l'art de bien dire les choses: justesse du vocabulaire, finesse des phrases et implication de l'orateur. C'est aussi la technique qui rend un discours persuasif, une technique de voix attirante, une présence corporelle réelle. La rigueur juridique, avec l'éloquence, entre dans une égale mesure dans l'évaluation des candidats. Cette rigueur s'illustre par la finesse du raisonnement juridique, par le choix d'une bonne qualification, par l'audace d'une demande, par la solidité du raisonnement et la force des éléments de l'argumentation. L'humour, bien qu'accessoire, peut parfois faire la différence quand il est fin et bien senti. Remarque : Il vaut mieux être pince-sans-rire que de se risquer à l'humour gras.

L'éloquence

Le silence : Il y a parfois plus dans les silences que dans les "je t'aime". Se taire peut être extrêmement efficace. Faire des pauses dans le discours. S'arrêter après un moment fort de la démonstration. Sans la voix, le regard est encore plus présent. La voix, la texture : Efforcez vous de garder une voix naturelle, agréable et chaleureuse tout en essayant d'y apporter mélodie et sourire quand il le faut. Le volume : Plaider, ce n'est pas hurler. Au contraire, il faut moduler le son de sa voix. Du chuchotement secret au cri de la souffrance. La vitesse et l'articulation : Le temps est limité. Ce n'est pas pour autant qu'il faut dire son texte plus rapidement. Il vaudra mieux couper dans le texte pour préserver une diction efficace et claire, avec des silences et des ralentissements de voix quand cela est nécessaire. Le corps : S'agiter dans tous les sens, c'est se décrédibiliser aux yeux des juges. Un seul jeté de manche bien pensé sera toujours plus efficace. Les gestes doivent servir le discours et non l'inverse, il faut faire l'économie des gesticulations et se concentrer.

La rigueur juridique

Les cas pratiques sont présentés sous la forme d'une histoire impliquant au moins deux personnages. De nombreux faits sont évoqués. Le premier moment: Dessiner un schéma de la situation Qui sont les acteurs ? Quelles sont leurs relations ? Quels sont les faits générateurs de droit ? Y a-t-il un acte ? Une fois le schéma réalisé, il faut relire le texte et se demander dans les informations présentées ce qui est important et ce qui est superflu. On passe ensuite à l'inévitable qualification juridique des faits. Qui sont les sujets de droit ? Quels sont leur liens ? Quelles sont les obligations de chacun ? Quels sont les préjudices subits ? Quels sont les faits générateurs ? Quels sont les éléments extérieurs ? Une fois la qualification établie, il faut trouver où se trouvent les points de conflits. Dans quels actes ou dans quels faits né le conflit ? Une fois tous ce ou ces points de conflits réunis, il faudra trouver la question de droit à poser au juge. Enfin, il vous appartient d'apporter la solution à cette question de droit, solution qui va dans l'intérêt de la partie que vous défendez. Attention, une plaidoirie n'est pas une dissertation, un commentaire d'arrêt ou un cas pratique ordinaire. Vous devez vous concentrez sur les qualifications qui vous arrangent et sur la solution de droit qui mènera votre client au succès. On ne vous demande pas d'envisager toutes les possibilités offertes par le droit positif.

Les sources

Pour préparer la résolution, aidez vous d'un Code Civil récent, d'un bon manuel et du site http://www.legifrance.gouv.fr pour trouver de la jurisprudence qui s'approche de votre cas. La procédure : lors de chaque procès, deux candidats s'affrontent. L'un est le demandeur et l'autre le défendeur. Le demandeur est celui qui ouvre le bal. C'est lui qui pose les termes du débat. C'est lui qui va demander l'application d'un droit qu'il estime justifié. Le défendeur devra quant à lui répondre aux questions de ce débat pour expliquer pourquoi, dans le cas présent le droit ne s'applique pas dans le sens voulu par le demandeur. Le demandeur a donc une certaine liberté dans le choix de sa présentations et de son contenu. Il sera évalué selon la pertinence de ses demandes et l'intelligence de celles-ci. Le défendeur quant à lui, doit faire un effort d'adaptation, il doit Répondre au demandeur. Répondre à toutes ses demandes et toutes ses affirmations. Cela nécessite une écoute dynamique pendant la plaidoirie du demandeur. Que faire si une question de droit que le défendeur juge essentielle n'a pas été abordée par le demandeur ? Dans ce cas, le défendeur annoncera aux juges que ceux-ci ayant le pouvoir de soulever des moyens d'office, il décide de traiter de cette question de droit qui n'a pas été abordée par le demandeur. Le droit de réponse : le demandeur plaide en premier et le défendeur en second. Ensuite, le demandeur bénéficie d'un droit de réponse. Et à sa suite, le défendeur bénéficie d'un dernier droit de réplique. Ce droit de réponse doit être court, efficace et tranchant. Pas plus de 3 phrases qui ne doivent pas compromettre tout l'effort fait dans la plaidoirie. Le plus souvent, il vaut mieux renoncer à ce droit. Bon courage, et... n'ayez pas peur!"